21 avril 2009

Viridiana : la force symbolique de l'image cinématographique selon Bunuel

Viridiana

de Luis Bunuel

I Fiche d'identité :

  • Titre original : Viridiana. D'après le roman Halma de Benito Perez Galdos

  • Durée : 90 minutes. Film en noir et blanc. 35 mm

  • Date de sortie en France : 28 août 1961. Début du tournage : 04 février 1961 en Espagne, (dans les environs de Madrid, Tolède et Castille-La Manche). Pays de production : Espagne et Mexique. Langue de tournage : l'espagnol.

  • Sociétés de production : Uninci -Union Industrial Cinematografica- et la boîte de production Films 59 à Madrid, en co-production avec la société Alatriste de Mexico

  • Distributeur d'origine : Ursulines Distribution

  • Palmarès : Palme d'Or au Festival International du Film de Cannes (1961)

II Au générique :

  • Réalisateur : Luis Bunuel

  • Scénario, dialogues : Luis Bunuel et Julio Alejandro

  • Directeur de la photographie : Jose Fernandez Aguayo

  • Directeur artisitique : Francisco Canet

  • Montage : Pedro del Rey et Luis Bunuel

  • Ingénieur du son : A.Garcia Tijeras

  • Assistants-réalisateurs: Juan Luis Bunuel, (l'un des deux fils de Luis Bunuel), et Jose Puyol

  • Sélection musicale : Gustavo Pitaluga avec « Requiem » de Wolfgang Amadeus Mozart, « Messiah » de Georg Friedrich Haendel et « IX symphonie » de Ludwig van Beethoven.

  • Directeur de la production : Gustavo Quintana

  • Producteurs exécutifs : Pedro Portabella, Ricardo Munoz Suay et Gustavo Alatriste

III Personnages principaux et résumé de l'histoire :

  • Viridiana, interprétée par Silvia Pinal, est une jeune et séduisante jeune femme qui s'apprête à entrer au couvent. Très pieuse, elle ne souhaite pas sortir de l'établissement religieux avant sa profession de foi qui a lieu dans quelques jours. Mais la mère supérieure, intrerprétée par Rosita Yarza, la pousse, malgré les réticences de Viridiana, à rendre une dernière visite à son vieil oncle qui a financé ses études :

  • Don Jaime, interprété par Fernando Rey, vient de lui écrire qu'il ne pourrait pas assister à la cérémonie qui signera son entrée définitif au couvent. Contrainte à passer quelques jours chez lui, Viridiana doit supporter les avances de son oncle. Comme la jeune femme ressemble traits pour traits à sa femme décédée lors de leur nuit de noces, Don Jaime ressent une attirance irrésistible envers sa nièce qu'il tente de retenir le plus longtemps possible auprès de lui. Un soir avec l'aide de sa bonne :

  • Ramona, interprétée par Margarita Lozano, (Don Jaime la recueillie avec sa fille, Rita / Teresa Rabal. Depuis, elle lui est plus que reconnaissante, elle est prête à faire n'importe quoi par amour pour Don Jaime), il drogue Viridiana, tente d'abuser d'elle puis renonce. Le lendemain quand elle se réveille, son oncle lui fait croire qu'il l'a violée afin que Viridiana ne retourne pas au couvent après un tel déshonneur. Traumatisée, elle quitte la demeure de l'oncle. La stratégie machiavélique de Don Jaime a échoué. Il finit par se pendre. Viridiana qui allait prendre un bus est rattrapé par la police qui lui apprend la nouvelle. Elle retourne donc dans la propriété et décide d'y vivre, étant donné qu'elle croit ne plus pouvoir faire voeu de chasteté afin de regagner le couvent. Elle conserve tout de même toute sa foi et envisage de transformer une partie de la villa héritée de son oncle en foyer d'accueil pour nécéssiteux. Mais sa volonté de faire le bien autour d'elle va être entravée par les mendiants eux-mêmes, (ils saccageront la salle à manger de la propriété et l'un d'entre eux tentera de la violer) et :

  • Jorge, le fils illégitime de son oncle Don Jaime qu'il reconnaît avant son suicide en lui léguant la moitié de la propriété. Jorge, plutôt non croyant a du mal à comprendre sa cousine Viridiana avec laquelle il entretient une attitude ambiguë entre attirance et incompréhension de sa générosité envers les déshérités qu'elle héberge. Il supporte tout juste leur présence dans la propriété qu'il rénove. Par ailleurs, les artisans que Jorge embauche pour les travaux, les insultent et les maltraitent.

    Un jour Viridiana, la bonne Ramona, sa fille Rita et Jorge doivent s'absenter. Les pauvres profitent de la situation pour faire une petite soirée dans la salle à manger de la villa dont ils n'ont pas accès en temps normal. Ils mangent et boivent à n'en plus pouvoir et finissent par se disputer et tout casser autour d'eux. Mais les propriétaires rentrent plus tôt que prévu. Jorge découvre les dégâts puis se fait agresser par le mendiant lépreux qui avec l'un de ses amis espére violer Viridiana qui vient de rentrer dans la chambre. Pendant ce temps, Ramona retourne au village pour prévenir la police.

    Cet épisode à nouveau traumatisant pour Viridiana, provoque son renoncement dans la croyance religieuse. Elle décide de ne plus porter de mantille sur sa tête. Elle lâche définitivement ses cheveux, se regarde dans le miroir et rejoint son cousin qu'elle trouve en compagnie de Ramona.. Viridiana quitte son mode de vie de religieuse pour adopter celui de son cousin Jorge. Un mode de vie fait de plaisir et de divertissement. Tout ce qu'elle s'interdisait auparavant. Sur fond de musique de rock américain, Jorge initie Viridiana à sa nouvelle vie en l'invitant à faire une partie de cartes.

                                      La Cène de Léonard de Vinci parodiée par Bunuel. Les images citations surgissent tout au long du film comme pour souligner le sens du récit

  • IV Schéma de construction du film :

  • Séquence 1 :

    Dans un couvent, la mère supérieure oblige Viridiana à rendre une dernière visite à son vieil oncle avant sa profession de foi. «  Je crois qu'il est malade. C'est votre seul parent vous devriez lui dire adieu avant de prononcer vos voeux ». Viridiana exprime ses réticences mais n'a pas d'autre choix que d'écouter la mère supérieure. « J'aimerais ne pas revoir le monde mais si vous me l'ordonnez ». Dernière recommandation de la mère supérieure : « Tâchez d'être affecteuse avec lui. »

  • Séquence 2 :

    Une petite fille s'amuse à la corde à sauter près d'une grande propriété. Viridiana arrive en calèche. Elle découvre l'extérieur de la villa accueillie par la bonne et son vieil oncle. Viridiana trouve la propriété calme. «Ça te rappellera le couvent », ironise l'oncle. Viridian baisse les yeux en souriant.

  • Séquence 3 :

    L'oncle et Viridiana marchent côté à côte dans le jardin de la villa.(plan d'abord centré sur leurs pieds pendant qu'ils discutent). « Combien de temps restes-tu ? » « Je n'ai droit qu'à très peu de jours », répond Viridiana. Elle lui avoue que c'est la supérieure qui l'a obligée à venir. Franche et directe, elle ne nie pas qu'elle ne voulait pas tellement pas le voir. « Je ne sais pas mentir », précise Viridiana, (preuve de sa foi étant donné que le mensonge est considéré comme un péché). « J'ai de la gratitude pour vous mais pour le reste », dit Viridiana. Elle change rapidement de conversation. « Vos champs sont à l'abandon, mon oncle », constate la jeune femme. Son oncle lui précise qu' « en 20 ans, les broussailles ont tout envahi. Les araignées prolifèrent au 1er étage. Je sors très peu ». L'oncle Dan Jaime aurait-il la même vie que sa nièce Viridiana? Une vie de solitude qui correspond à un choix de vie pour la jeune femme et une contrainte insupportable pour l'oncle.

    Leur conversation est interrompue par Rita, la petite fille de la bonne qui les expionnait derrière des buissons et commence a rétorqué: « C'est vrai ! Quand il sort il me fait sauter ». « Viens petit chiot », répond Don Jaime à la petite fille. L'oncle précise à Viridiana que c'est une petite sauvageonne. Sa nièce, amusée, souhaite aller à sa rencontre. « Tu ressembles à ta tante. Même démarche », constate l'oncle troublé. « Vous me l'avez déjà dit », indique Viridiana. Son oncle insiste : « Incroyable! Même la voix ».

    Ils poursuivent leur chemin.

  • Séquence 4 :

    (Ambiance religieuse de cette séquence grâce à la musique, le clavecin de Don Jaime ressemble à l'orgue des églises).

    Au moment du coucher. L'oncle joue du clavecin. La musique résonne jusque dans la chambre de Viridiana. La jeune femme pose un coussin par terre après avoir replié le tapis qui lui servira de lit alors qu'un matelas plus confortable lui est offert. Elle vit ces quelques jours chez l'oncle en conformité avec sa vie au couvent qui impose le minimum de confort.

    Elle retire sa mantille et laisse tomber ses cheveux, les secoue devant le miroir puis évite de se regarder et s'éloigne de son image qui se reflète. Refuse-t-elle son image de femme ?

    Sur le lit, elle va progressivement se déshabiller. La scène suggère un sript tease limité aux jambes de la jeune femme. Plans très sensuels qui laissent découvrir ses jambes. Elle retire ses bas un par un. Le spectateur ne la voit plus comme une future nonne mais comme une femme désirable.

  • Séquence 5 :

    (La musique du clavecin est plus forte).

    La bonne, Ramona, espionne Viridiana par le trou de la serrure de la chambre de la nièce. (Comme sa fille a espionné plus tôt derrière les buissons, Viridiana et Don Jaime).

    Viridiana est en train de sortir de sa valise un crucifix et une couronne d'épines. La bonne va voir l'oncle en train de jouer du clavecin et lui rapporte ce qu'elle vient de voir : « Ellle a fait son lit par terre Monsieur. Elle a des sortes d'épines dans sa valise. Une chemise en lin grossier, ça doit l'éraffler, une peau si fine. » L'oncle ne fait aucun commentaire. Il continue de jouer et invite Ramona à se «retirer ».

  • Séquence 6 :

    Gros plan sur un coussin de la chambre de Viridiana sur lequel est posé la croix, la couronne d'épines, des clous et un marteau. Travelling arrière pour montrer Viridiana à genoux près du coussin. Elle tient un petit crucifix dans les mains qu'elle sert contre sa poitrine.

    Fondu au noir. Le clavecin résonne encore.

  • Séquence 7 :

    A l'étable près de la villa, le paysan Moncho est en train de traire une vache. Gros plan sur le pis et les mamelles. Viridiana arrive et salue le fermier. Elle veut récupérer du lait dans un verre : « Ca vous ennuie de m'en donner ? ». Elle demande si c'est difficile de traire une vache. Gros plan sur la main du fermier qui presse une des mamelles pour faire sortir le lait qui gicle dans le verre. « Je ne saurais pas », confie Viridiana. Le paysan lui laisse sa place pour qu'elle essaye. Elle sourit gênée et suit les conseils que le fermier lui donne. Plan sur une main hésitante de la jeune femme lorsqu'elle serre la mamelle. « N'ayez pas peur », rassure le fermier. Elle effleure la mamelle la deuxième fois puis se lève : « Je n'y arrive pas », dit elle en se relevant en riant l'air gêné.

    Rita, la petit fille est également dans l'étable. Elle interpelle Viridiana : « Je t'ai vue en chemin ». Intriguée Viridiana s'approche de la petite fille pour en savoir plus. Le fermier prévient la jeune femme que c'est une menteuse. La petite persiste. « Même que ses épingles à cheveux sont tombées et qu'elles les a ramassées ». Rita explique qu'elle était sur la terrasse quand elle a vu ça. « C'est vilain d'espionner », dit Viridiana pour la sermonner. Sans rancune, elle change de conversation et propose à Rita d'aller avec elle au poulailler. Mais la petite refuse.

    Le fermier apporte à la jeune femme son verre de lait puis se remet au travail.

  • Séquence 8 :

    Dehors dans le jardin, Viridiana tient un panier à la main. Elle croise son oncle : « Vous êtes bien matinal! » « Je profite de ta présence », lui rétorque l'oncle. Viridiana ne répond rien à cette remarque et enchaîne rapidement en disant qu'elle va préparer une religieuse. L'oncle continue de la flatter : « Tu me gâtes trop. Que vais-je devenir une fois seul? »

    « Vous l'avez voulu », lance Viridiana. Il ne comprend pas ce qu'elle entend par là. Il insiste pour qu'elle précise son point de vue. Un peu fuyante, elle finit par craquer : «Je  n'aime pas garder les choses pour moi. Est-il vrai que vous avez un fils ? ». L'oncle est gêné et étonné que sa nièce soit au courant de son secret. « Comment le sais-tu ? ». « Ma mère me l'a dit un jour. C'est donc vrai? », insiste Viridiana. « Oui c'est vrai », avoue l'oncle. Viridiana fait la morale à son oncle, un peu énervée : « Vous auriez dû recuiellir cet enfant ». L'oncle lui explique le contexte : « Sa mère a voulu le garder. J'étais amoureux de ta tante. J'aurais dû lui dire. Je me suis tu par crainte de la perdre ». Viridiana l'interrompt : « Et ce pauvre innocent ? ».

    Un gros plan est réalisé sur une gros saut d'eau dans lequel une abeille est en train de se noyer. « Tu me trouves monstrueux? », demande Don Jaime à sa nièce pendant qu'il saisit un bout de bois afin de sortir l'abeille de l'eau pour la sauver. « Non mon oncle, mais la vie est si triste », déplore la jeune femme. L'oncle sourit heureux d'avoir sauver l'abeille.

    (Scène symbolique entre le sujet de leur discussion sur l'enfant illégitime de Don Jaime qu'il n'a pas élévé et cette abeille qu'il sauve. L'enfant est l'abeille puisque l'oncle le reconnaitra après sa mort et lui lèguera une partie de la maison).

  • Séquence 9 :

    La nuit, à l'intérieur de la maison.

    L'horloge dans la chambre de l'oncle sonne deux heures du matin. Don Jaime ne dort pas. Il essaye une des chaussures de la tenue de mariage de sa femme décédée lors de leurs noces. Il conserve sa robe dans un coffre au pied de son lit. Il prend le bouquet de fleurs et le jette sur son lit. (Il écoute encore de la musique à cette heure tardive. Un disque qui rappelle des choeurs d'église). L'oncle sort le corset de la tenue de mariée de feu son épouse. Il essaye de la mettre autour de sa taille devant un miroir, lorsqu'il entent tout à coup du bruit.

    Précipitamment, il range ce qu'il avait sorti du coffre. Viridiana entre dans la chambre sans faire attention à son oncle. Elle tient un panier dans ses mains. Elle sort par une autre porte de la chambre pour regagner le salon. Elle s'asseoit près du feu. L'oncle la regarde intrigué pendant qu'elle jette au feu ses pelotes de laine. Elle ramasse ensuite les cendres qu'elle récupère dans son panier. Elle se relève puis retourne dans la chambre de l'oncle afin de disposer les cendres sur son lit où se trouve le bouquet de fleurs de mariée qu'il a balancé à travers la chambre tout à l'heure. L'oncle s'approche du lit pour toucher les cendres. Viridiana se dirige dans le couloir pour regagner sa chambre.

  • Séquence 10 :

    Le lendemain matin

    La bonne est avec l'oncle qui prend son petit-déjeuner. Il lui demande si Viridiana est levée. Ramona lui répond : « Oui depuis des heures. Je dois lui préparer ses affaires. ». L'oncle déplore que Viridiana doive partir aujourd'hui : « Dernier jour ici, je ne la reverrai plus. »

    Ramona lui conseille de la retenir : « Dites-lui de rester un peu plus ». L'oncle : « Elle ne veut pas l'ingrate. Parfois je la battrai. Dès que l'on nomme le couvent, elle devient de marbre ». Don Jaime laisse éclater sa colère et ses contrariétés. Il va vite trouver une solution pour arranger la situation à son avantage. Il demande l'aide de sa bonne : « Ramona, approche-toi. Assieds-toi. J'ai besoin de toi », lui informe l'oncle. Ramona un peu gênée, tient un des boutons de son chemisier. Don Jaime la prend par les sentiments : « Tu m'aimes bien, non ? » « Evidemment, Monsieur. Vous nous avez recueillies ». (en parlant de sa fille et elle). Elle est prête à tout pour montrer la reconnaissance qu'elle a envers Don Jaime. L'oncle lui expose son idée : « Tâche qu'elle reste encore 2, 3 jours. Tu es bonne Ramona. Parle-lui. Je sais que ce n'est pas nécessaire mais si tu réussis, je ne vous oublierai pas ta fille et toi ». Chantage affectif qui sous-entend une aide financière, un héritage reversé à sa mort. « Elle se fiche bien de l'avis de la bonne », pense Ramona. L'oncle ne la contredis pas. Ramona lui conseille de trouver lui-même quelque chose. « Je vous aiderai de tout mon coeur », précise-t-elle.

    Autre plan de l'oncle, trouvé instantanément sans que l'on en sache davantage :

    « Dans ce meuble, en haut, il y a un petit flacon bleu sans étiquette. Il contient des pilules blanches. Pose-le la, retourne à ton travail et je te préviendrai ».

    L'oncle s'approche de la fenêtre de sa chambre. Il voit Viridiana en train de jouer à la corde à sauter avec Rita. Le visage de l'oncle est attendri par ce qu'il voit tandis que se profile dans sa tête un plan malveillant.

  • Séquence 11 :

    Viridiana ép luche une pomme en une seule fois. « Je n'ai jamais vu ça », s'étonne l'oncle. Virdiana revient sur l'épisode de la nuit précédente, lors de sa crise de somnanbulisme : « Il fallait me réveiller. » Son oncle lui répond que c'est « dangereux ». A cela, elle rétorque : « Sottises. La dernière fois, il y a des années, on m'a gifflée et voyez, je suis encore vivante. Mais des cendres sur votre lit... ». Viridiana très croyante, interprète cet acte et fait part à son oncle de sa signification : « Cendres, est signe de pénitence et de mort ». L'oncle rigole et conclut l'interprétation de cette manière : « Pénitence pour toi qui seras nonne. Mort pour moi qui suis plus âgé. »

    « Ce soir, nous nous ferons nos adieux ». L'oncle regarde sa nièce de façon vicieuse car il sait à quel plan il a pensé pour la retenir auprès de lui. Don Jaime poursuit la discussion en essayant de demander à Viridiana un « voeu innocent ». « Je ne peux rien vous refusez », précise la jeune femme. « Alors tu le feras », insiste l'oncle. « Oui.Ordonnez-moi », demande sa nièce. Mais l'oncle n'ose pas lui demander

    Changement de séquence sans fondu. Effet d'interrogation car on ne sait pas ce qu'il a été convenu entre eux.

  • Séquence 12 :

    Le soir, Viridiana, vêtue de la robe de mariée de sa tante décédée, rejoint son oncle en traversant le couloir, suivie de la bonne qui tient son voile. En entrant dans l'appartement, son oncle est ébahi par ce qu'il voit : « Tu es drôle. Quand je te l'ai demandé, tu t'es offusquée et voici que tu me combles de bonheur. Merci ma fille. » Viridiana précise à son oncle qu'elle a fait ça à contrecoeur : « Je n'aime pas les mascarades mais j'ai cédé à votre caprice ». (Tout comme elle a cédé au caprice de la mère supérieure en rendant visite à son oncle).

    « Ce n'est ni une mascarade, ni un caprice », lui informe l'oncle. «Je vais te confier un secret. Ta tante est morte dans mes bras, la nuit de nos noces, vêtue de cette robe. Tu lui ressembles tant... Tu dois me croire fou ». Viridiana le rassure : « Non. Je suis heureuse de vous faire plaisir car je découvre que vous êtes bon ». L'oncle fait part de ce qu'il ressent : « Comme j'aime te regarder. Viens, allons nous asseoir. » Il n'arrive pas à terminer ses phrases pour lui dire ce qu'il envisage : « J'ai une idée. Enfin, si je te demandais, disais que... Je n'y arrive pas ». La bonne intervient dans la conversation pour dire ses intentions à la place de l'oncle : « Il veut vous épouser Mademoiselle ». Virdidiana est choquée : Vous avez perdu l'esprit. J'étais si heureuse... Vous avez tout gâché. Je vais dans ma chambre ».

    Son oncle la rattrape et s'excuse en promettant qu'il ne l' « incommoderait plus ». Il veut qu'elle se rasseoit et boive un café tout en écoutant de la musique avec lui.

    L'oncle fait signe à Ramona qu'elle peut verser dans le café de Viridiana une dose du médicament dont il lui a parlé ce matin.

    (Tout cette scène a été manigancée par l'oncle avec l'aide de la bonne afin de retenir Viridiana en la droguant).

    Viridiana ne veut pas de café mais la bonne insiste : « Ca va vous faire du bien ».

    Travelling avant sur le visage de Viridiana en train de boire sa tasse de café.

  • Séquence 13 :

    Au même moment, la petite Rita a rejoint le fermier en pleurant. « J'ai peur », lui dit-elle. Elle a fait un cauchemar avec un taureau noir . Le paysan se moque et lui dit de rejoindre sa mère : « Va t'en. Tu m'embêtes. »

    Est-ce une prémonition de l'enfant qu'il faut interpréter pour comprendre le cauchemar qui menace Viridiana.

  • Séquence 14 :

    L'oncle et la bonne ont réussi à droguer Viridiana qui vient de s'endormir grâce aux médicaments, des somnifères probablement injectés dans son café. De la musique est mise sur le tourne-disque. L'oncle dit à Viridiana : « Tu as l'air épuisée. Tu devrais aller te coucher. »

    La petite Rita à ce moment là monte les escaliers.

    L'oncle demande à sa bonne de ne pas mal le juger. « Je fais ça pour la garder près de moi », se justifie-t-il. Il porte Viridiana endormie dans ses bras sous les yeux de la petite fille bien cachée. Elle voit sa mère suivre l'oncle derrière. Rita sort en courant.

  • Séquence 15 :

    Dans la chambre, Ramona allume le chandelier. L'oncle lui ordonne de s'en aller. Il referme la porte à clef. Il a étendu Viridiana sur son lit et a mis le voile sur son corps. Il me la couronne de fleurs sur sa tête. Il s'asseoit à ses pieds et la regarde longuement. Il a installé sa nièce de la même façon que se tenait sa femme décédée lors de leur nuit de noces. Viridiana a les bras croisés sur son buste. La même posture que les défunts.

    Pendant ce temps, Rita, la fille de la bonne, grimpe à un arbre pour voir ce qui se passe dans la chambre de Viridiana.

    L'oncle s'approche de plus en près de sa nièce. Il l'embrasse langoureusement puis s'arrête brusquemment et s'adosse à la tête du lit.

    La petite fille arrive à la fenêtre et voit la scène.

    L'oncle déboutonne le haut du corsage de Viridiana et lui embrasse la poitrine puis remonte sur sa bouche. Il referme précipitamment son corsage s'éloigne du lit et sort définitivement de la chambre.

    La petite Rita descend le long de la branche d'arbre. Sa mère la surprend. Elle raconte ce qu'elle vient de voir : « Don Jaime l'embrassée ! ». Elle tente de raisonner sa fille : « Ben oui, elle est sa nièce. Moi je t'embrasse bien. Tu devrais être au lit ». Sa fille lui explique qu'elle a vu un taureau. « Tais toi! Viens je vais te coucher ». Elle l'a raccompagne dans son lit.

  • Séquence 16 :

    Le lendemain.

    Viridiana se réveille. Elle a soif. Ramona est aurpès d'elle et lui demande comment elle se sent. « J'ai mal à la tête lui répond la jeune femme ». La bonne lui fait croire qu'elle s'est évanouie hier soir et qu'on a dû la porter. Viridiana a dormi longtemps. Elle est assoiffée.

    L'oncle entre dans la chambre. Il demande à Ramona de les laisser. Viridiana la supplie de ne pas partir. Mais c'est à l'oncle qu'elle obéit. Viridiana se réfugie au fond de son lit. « Je vous en supplie, je dois partir ». Son oncle lui dit qu'elle ne peut plus. Viridiana craint l'attitude de son oncle qui l'empêche de se préparer pour partir. Il lui avoue qu'elle l'a « rendu fou ». Il lui fait croire que cette nuit, pendant qu'elle dormait, il a abusé d'elle : « Tu as été mienne. Tu ne peux plus retourner au couvent. Tu n'es plus la même. Si malgré tout, tu refuses de m'épouser, ta présence à mes côtés me suffira ». Il la laisse réfléchir mais la jeune femme le rejette dégoûtée. Elle cache son visage dans les draps.

    L'oncle s'en va. Viridiana se lève et fait sa valise.

  • Séquence 17 :

    Ramona demande à Don Jaime comment ce la s'est passé. Il lui dit : « Quel regard, elle m'a jeté. Elle me hait. J'ai commis une grande erreur. Rien ne la retiendra ». Ramona essaye de le rassurer en l'incitant à lui parler à nouveau. Mais Don Jaime demande à la bonne que ce soit plutôt elle qui aille lui parler : « Dis lui que j'ai menti, que je ne l'ai pas outragée. J'en ai simplement eu l'intention. » Il explique à Ramona qu'il a passé sa nuit à réfléchir. Il poursuit : « J'ai inventé ce mensonge pour la dissuader de partir. Dis lui ça ! Don Jaime pousse à nouveau sa bonne à arranger les choses. Elle obéit.

  • Séquence 18 :

    Dans la chambre, Viridiana a fini de s'habiller et de réunir toutes ses affaires. Ramona constate ça du couloir. Elle retourne sur ses pas pour en informer Don Jaime. « Monsieur, venez! », lance Ramona. L'oncle se précipite dans la chambre. Ferme la porte derrière lui pour empêcher sa nièce de passer et lui avoue : « Je t'ai menti. Je ne voulais pas que tu partes. Je t'ai outragée en pensées. Je ne supporte pas que tu partes en me haïssant. Dis-moi que tu me crois. Viridiana très en colère : « Vous me degoûtez, même si vous dites vrai »

    Son oncle finit par lui donner la clé pour la laisser partir. Viridiana s'en va et croise Ramona dans le couloir sans lui adresser un seul regard.

  • Séquence 19 :

    Dans la chambre, la bonne rejoint l'oncle qui lui demande si elle au moins le croit. Elle lui répond que oui mais il n'y croit pas. « Tout est si bizarre », affirme Ramona. « Bien, bien ma fille », répond l'oncle résigné en sortant de la chambre.

    Ramona s'approche du lit pour vérifier s'il y a des traces sur les draps.

  • Séquence 20 :

    Dehors, Viridiana est assise, la tête baissée, en attendant que la diligence soit prête. La petite Rita veut montrer à Viridiana ce qu'elle arrive à faire avec son diabolo. La jeune femme ne fait pas attention car elle ne souhaite qu'une chose : partir. Le fermier charge sa valise dans la calèche puis Viridiana grimpe dedans. Rita suit la diligence derrière en courant.

  • Séquence 21 :

    Dans la maison, au même moment. L'oncle s'apprête à écrire un mot à son bureau. Il sourit

  • Séquence 22 :

    Viridiana est arrivée au village. Elle s'apprête à monter dans un bus quand un homme accompagné de policiers vient la chercher pour lui demander de rester. « Un grand malheur est arrivé », lui précise-t-il. « Où », demande Viridiana. Il lui répond juste : « Accompagnez-moi ».

  • Séquence 23 :

    On la ramène en voiture chez l'oncle. Il vient de se pendre à un arbre de son jardin avec la corde à sauter de la petite Rita. (le plan est dans un permier temps uniquement fait sur ses pieds supendus dans le vide puis ensuite un travelling de bas en haut remonte jusqu'au noeud qui est fait à la branche d'arbre avec la corde à sauter).

    Viridiana reste en retrait, accoudée à l'une des portières de la voiture de police.

  • Séquence 24 :

    (Ellipse temporelle).

    La petite fille de Ramona joue à la corde à sauter. La même qui a servi au suicide de Don Jaime. De plus elle joue sous l'arbre où il s'est donné la mort. L'un des domestiques lui enlève la corde des mains mais Rita se défend alors il lui fait la menace : « Gare à tes oreilles, si tu ne respectes pas les morts ». Il lui demande de ne pas jouer sous cet arbre. « S'il arrive malheur ce sera de ta faute », lui prévient-il en lui jetant au loin la fameuse corde à sauter. Mais lorsqu'il part, la petite en profite pour la récupérer et jouer à nouveau sous l'arbre. Provocation évidente de Rita qui ne croit pas à la punition divine.

  • Séquence 25 :

    A l'intérieur de la maison, Viridiana lave le sol. Elle a aménagé une chambre au décor rudimentaire. Ramona lui apporte un plateau. Selon elle, Viridiana ne mange rien. Viridiane reste muette. La bonne voit arriver par la fenêtre la mère supérieure avec une autre religieuse qui viennent rendre visite à Viridiana. Elle demande à Ramona de les laisser.

    Compatissante, la mère supérieure lui dit : « Comme tu as dû souffrir mon enfant (...) Nous avons appris le malheur hier. Nous étions inquiètes ». (En parlant de l'acte suicidaire de l'oncle, contraire à la croyance chrétienne) « Pourquoi une telle atrocité une seigneur? ».

    Viridiana précise sobrement à la mère supérieure que son oncle était « un grand pêcheur ». Elle s'accuse de sa mort. La mère supérieure s'étonne : « Toi coupable d'un suicide. Je suis ta supérieure, aussi je te demande de te confesser. » « Je ne retourne pas au couvent », précise Viridiana. « Le motif est-il grave? Il doit l'être pour qu'il entrave ta vocation ».

    Viridiana reste évasive. Elle lui indique simplement qu'elle a « changé » et qu'elle suivra « la voie du Seigneur ». « A quoi te consacreras-tu ?», demande la mère supérieure. « Je connais ma faiblesse, je tâcherai de rester humbre. Mais le peu que je ferai, je veux le faire seule », explique Viridiana. La mère supérieure s'en va en disant : « Très bien. Puisque tu ne me laisses pas t'aider, je te laisse. Navrée de t'avoir ennuyée. Adieu ma fille ». Viridiana demande son pardon et la mère supérieure le lui offre.

  • Séquence 26 :

    (ellipse temporelle)

    Un groupe de personnes déshéritées attendent Viridiana qu'elle sorte de l'église. L'un des hommes pauvres la guette et informe le reste du groupe : « Elle s'est signée mais elle ne se lève pas ». A cela, l'une des femmes pauvres répond d'un ton moqueur : « Un vrai moulin à prières! » Viridiana fint par rejoindre le groupe de mendiants. Elle s'approche de l'homme avec aveugle pour prendre son enfant dans ses bras. Elle demande si le tout le monde est prêt à la suivre. Ils partent avec elle. L'un des pauvres dit à l'aveugle : « On dirait un ange. Dommage que tu sois aveugle ». Viridiana entend cette réfléxion et réplique agacée : « Epargnez-moi vos compliments, je n'aime pas ça ».

    Deux autres hommes près d'une fontaine rejoignent le groupe. «Vous êtes les deux derniers » (...) «Bien suivez-moi ».

    Tout ce groupe de femmes et d'homme pauvres et pour la plupart infirmes, suivent Viridiana qui les emmène dans la propriété de l'oncle.

  • Séquence 27 :

    Plan sur le portait en peinture de l'oncle. En voix off, on entend un commentaire : « Etrange homme ! J'aurais aimé le connaître ». « T u parles! Un égoïste. Regarde avec toi ».

    C'est un couple qui visite la maison. Ramona, la bonne, les suit derrière. « »Je ne lui en veux pas (...) Pourquoi m'a-t-il reconnu au dernier moment ? », s'interroge l'homme qui n'est autre que le fils illégitime de Don Jaime. La bonne lui répond que c'était une homme « très bon. Meilleur que l'on ne croit ». « Pourquoi s'est-il tué? » demande-t-il. « Je ne sais pas », répond Ramona en baissant les yeux.

    Le fils s'installe au clavecin commence à effleurer les touches mais il est stoppé par la bonne « Ne jouez pas... Pardon. Il tuait le temps en jouant. On l'écoutait religieusement.» Ramona après cette intervention retourne à son travail pour apporter l'autre valise du couple.

    Celui-ci voit arriver par la fenêtre Virdidiana suivie du groupe de mendiants. Ils arrivent par le jardin.

  • Séquence 28 :

    Les déshérités découvrent la grande villa. Ils sont impressionnés. « Elle est la bonté même! », dit l'un d'entre eux quand un autre lui répond : « Oui mais un peu cinglée ».

    Viridiana énonce les régles de vie brièvement : « Les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Les repas seront pris ensemble. Demain on vous habillera. »

    Le couple rejoint la jeune femme dans le jardin. L'homme l'interpelle : « Viridiana? » « Jorge? », demande-t-elle à son tour. Il se présente : « Jorge, le fils de Don Jaime ». Viridiana lui précise que le notaire l'a prévenue et qu'elle l'attendait. Jorge lui présente son amie : « Lucia, une chic fille ».

    Pendant ce temps, l'un des pauvres s'approche de la petite fille pour lui demander son prénom. Rita le repousse et dit aux autres : « Vous dormirez dans la basse-cour », puis elle s'en va. Un des domestiques les guide pour les installer et les met en garde : « Si j'en prends un en train de fouiner, il aura affaire à moi! ». Un conflit éclate entre le domestique et les mendiants. Viridiana intervient : « Qu'est-ce qu'il y Moncho? » Il lui répond que « ce pouilleux lui cherche des noises ». « Calmez-vous ! Rentrez », ordonne Viridiana. Jorge veut aider sa cousine mais sa copine Lucia l'en empêche.

    « Qu'est-ce que je vous ai fait ? », demande Viridiana. « Pour rester, vous devez être discipliné ». Ce mendiant préfère s'en aller. En partant, il demande une aumône à Viridiana. Elle le lui donne et rejoint les autres pour les installer.

  • Séquence 29 :

    Jorge prend un bain de pieds. La bonne veut aider Lucia. Mais celle-ci se charge de tout. Elle les préviens juste que le dîner est prêt.

    « Cette Viridiana m'exaspère », lance Jorge à Lucia qui lui répond : « C'est une folle ». Il lui réplique aussitôt : « une cul-bénite, oui! » Lucia lui fait comprendre qu'au fond il aimerait bien qu'elle s'occupe de lui.

    Ramona sert Jorge installé à table. Elle l'observe attendrie. Elle lui rappelle Don Jaime. Lucia revient dans la salle à manger en apostrophant Ramona qui était dans ses pensées. Elle en fait tomber la soupière. Lucia est excédée : « Cette fille est de plus en plus sotte ».

    Le couple s'installe à table.

  • Séquence 30 :

    Autre pièce, autre ambiance. Le groupe de mendiants est en train de dîner bruyamment, en s'insultant à moitié. Viridiana accueille deux autres nouveaux pensionnaires. Elle leur annonce que dès demain ils travailleront, chacun dans leur domaine de compétences.

    Une des femmes s'aperçoit que son voisin de table à la lèpre. Viridiana regarde sa plaie sur la bras et rassure le groupe puis déclare : « Ayez pitié de son malheur ». Elle s'en va et leur souhaite bonne nuit. Dès son départ, l'un des pauvres menade le lépreux : « Tire-toi ou je te crève ». Il sort de table mais ne quitte pas la propriété. L'aveugle fai des avances à l'une des femmes : « Cette nuit, je te rejoins ». « Non, il y a les petites », répond la femme. « Alors demain dans le champs », surenchérit l'aveugle.

    Dès le premier jour, le groupe accueilli par Viridiana est prêt à transgresser les règles de vie qu'elle leur impose.

  • Séquence 31 :

    A genoux dans sa chambre, Viridiana prie. Jorge frappe à sa porte et rentre aussitôt en train de fumer un cigare. « Il est temps que nous parlions », lance Jorge. « Pour une fois que vous n'êtes pas avec vos pauvres ou en train de prier », poursuit-il. Il lui informe qu'il va entamer des travaux pour installer l'électricité. « Nous vivons au Moyen-Age », ironise-t-il. C'est la vie de Viridiana qui se contente de peu. Elle veut couper court à la conversation : « Faites pour le mieux. C'est tout ? ». « Non loin de là », insiste Jorge. « C'est bête de vivre sous le même toit en ignorant tout de l'un et de l'autre car que savez-vous de moi? « Que vous trvaillez chez un architecte », répond Viridiana. « Comment pouvez-vous vivre ainsi, si seule? », s'interroge Jorge. Echange vif entre lui et sa cousine qui lui réplique : « Je ne suis pas mariée comme vous ». Jorge : « Je n'ai pas besoin d'être béni pour vivre avec une femme  (...), je vois que vous... Bon je vous laisse ». Virdidiana a hâte de le faire sortir. «La prochaine fois, frappez et attendez ma réponse », lui précise la jeune femme.

    Quand il sort, elle ouvre la fenêtre de sa chambre pour évacuer la fumée du cigare de Jorge.

    Cet échange illustre le fossé entre les deux personnages.

  • Séquence 32 :

    Dehors, un des mendiants peint. L'une des femmes pose pour lui. Il lui dit : « T'es bien pour le lit. En Vierge, je préfère Mademoiselle », en parlant de Viridiana.

    Une des femmes du groupe est enceinte. Viridiana demande quand elle a accouchera afin de prevenir un médecin. La femme ne sait pas. L'un des vieux pauvres se moque d'elle en disant qu'elle de sait même pas l'identité du père de son enfant. Des situations et des attitudes qui ne correspondent pas à la morale religieuse. L'aveugle surgit violemment dans la conversation : « Fermez-là ! Parlez autrement devant notre sainte protectrice, une jeune femme décente ».

    Viridiana donne de l'argent à deux pauvres qui vont faire des course au village.

  • Séquence 33 :

    Jorge prend des mesures dans le jardin. Il commence à envisager les travaux dans la propriété. Une calèche passe avec un chien attaché derrière qui doit courir à la vitesse de la diligence. La calèche s'arrête, des policiers descendent : « Merci beaucoup. A la prochaine ! », lancent-ils au propriétaire de la diligence. Jorge va le voir en lui informant que son chien est à bout de forces. « Détachez-le, il vous suivra », précise Jorge. Il finit par acheter le chien. Quand il part avec le chien, une autre calèche passe avec à nouveau un chien attaché à l'arrière de la diligence. Premier geste de générosité de Jorge non pas envers les hommes mais envers un animal.

    Jorge se rend dans les champs où travaillent des paysans. Viridiana arrive. Jorge va à sa rencontre : « Une apparition ! Vous venez contrôler le travail ? Et si vous m'aidez, ça ira encore plus vite ». Elle s'éloigne lorsqu'il lui dit ça. Le vieux pauvre au beret suit Viridiana. Jorge lui dit : « Du balais! ». Viridiana le défend en demandant à Jorge de le laisser. « Vous n'irez pas loin avec eux », prévient Jorge. « Ils vous dérangent? », demande Viridiana. Jorge : « Enormément surtout pour vous. C'est une goutte d'eau dans la mer. ». Viridiana lucide lui expose son projet : « Je veux créer un hospice pour offrir aux pauvres de passage gîte, repas et chaleur humaine ». « Et ce sera votre vie?, demande Jorge. « Je n'en sais rien encore. J'ai subi un grand choc. Je commence seulement à m'en remettre. Je retournerai peut être au couvent », confie Viridiana à son cousin.

    Le lépreux traîne derrière lui une boîte de conserve attachée autour de sa taille par un bout de ficelle. Un système que lui ont installé les autres du groupe pour le repérer facilement. Jorge lui dit séchement : « N'approche pas ». Viridiana énervée face au manque de pitié de son cousin, va rejoindre le pauvre homme. Elle prend de ses nouvelles en lui détachant la ficelle de son corps le reliant à la boîte de conserve. « Je vous dirai où vous promener jusqu'à la guérison », le rassure-t-elle pour ne pas que cela se reproduise. Elle finit par lui dire, toujours pleine d'espoir : « Le médecin a dit que ce sera long mais avec l'aide de Dieu, on s'en sortira ».

  • Séquence 34 :

    Jorge est dans la chambre avec Lucia. En regardant la montre à gousset, il dit : « ce devait être à mon père ». Ils vont se coucher. Il lui demande de le réveiller tôt pour superviser les travaux avec ses contre-maîtres. Lucia lui fait part de son ennui. « Ce n'est pas le travail qui manque », lui rétorque Jorge. Il lui fait écouter la musique qui sort de la montre de son père.

    Lucia jalouse lui demande : « Ta cousine te plaît? ». Il lui répond que ce n'est pas sa cousine sans nier son attirance. Lucia insiste : « Peu importe, mais elle te plaît. Quelque chose me disait de ne pas venir dans cette maison. Je devrais partir tout de suite. » Jorge tente de remettre la discussion à plus tard. Lucia insiste en précisant qu'elle partira demain. « Ne dis pas de bêtises », lui dit Jorge. Elle lui répète que Viridiana lui plaît. Il finit par lui dire : « C'est la vie. Elle unit les uns et sépare les autres. On n'y peut rien. » Il dit cela tout en observant un curieux objet, un crucifix qui cache un coûteau. Il rigole : « Quelle idée ! Où a t-il trouvé ça ? ».

  • Séquence 35 :

    Les travaux dans la propriété sont entamés. Jorge doir partir pour revenir le lendemain ou le surlendemain. Dans le champs avec les pauvres, Virdiana s'arrête de travailler pour prier à l'heure de l'Angelus. En cercle autour d'elle, ils récitent la prière.

    Des plans sur les travaux entrecoupent cette prière à chaque psaume. Le Amen signe la fin de la prière mais aussi la fin de journée pour les ouvriers. Effet de parallèlisme de cette séquence.

    Viridiana retrouve Jorge. Elle apprend que les trvaux vont commencer. Jorge lui précise qu'ils ne vont pas la déranger. Il lui informe également qu'elle peut retourner vivre dans la grande maison étant donné que Lucia est partie. Elle lui demande les raisons de son départ. « Pourquoi se sépare-t-on ? », demande Jorge. Viridiana hausse les épaules ne sachant pa quoi répondre. Un brin provocateur, il lui répond : « Ce n'est pas moi qui vous le dirait. Ca pourrait effrayer une bigote comme vous. » Il s'en va en riant.

    Deux domestiques informent Viridiana de leur départ. La bonne est derrière en train d'écouter la conversation. « Vous n'aimez pas mes pauvres ?», leur demande Viridiana. Elle les laisse partir un peu navrée. « Merci pour tout Moncho. Que Dieu vous garde ».

    Jorge va voir Ramona pour prendre le trousseau de clés qu'elle a deans les mains. Elle le suit.

  • Séquence 36 :

    Dans le grenier, Jorge prend connaissance de tous les meubles entassés là. « Je crois qu'il n'a jamais mis les pieds ici », précise Ramona. Curieux, Jorge interroge la bonne : « Dis moi, tu as passé 7 ans au service de mon père. T'as t'-il parlé de moi ? » Ramona : « Je ne me souviens pas. Mais il vous aimait, j'en sui sûre. » Il lui demande pourquoi. A cela elle lui rétorque : Sinon, vous ne seriez pas là ». Ramona regarde fixement Jorge observant les meubles du grenier. Il remarque son attitude : « Qu'as tu donc ? ». Il commence à la séduire à sa manièrer en s'approchant d'elle : « Si tu t'arrangeais un peu, tu serais jolie. » Il l'embrasse. Elle est hypnotisée. « Si on s'asseyait un moment », propose Jorge. La caméra s'éloigne pour filmer à la place un rat et un chat qui lui saute dessus. Symbole de ce qui se passe au même moment entre Ramona et Jorge.

  • Séquence 37 :

    Une voiture vient chercher Viridiana. Le chauffeur lui rappelle que Jorge l'attend chez le notaire sur les coups de 4h. Viridiana avant de partir confie la responsabilité du groupe aux pauvres les plus sérieux. Ramona ferme la porte de la maison et sort avec sa fille qui semble-t-il va chez le dentiste, (elle a un bandage autour de sa tête pour serrer sa mâchoire). Les trois jeune femmes montent dans la voiture et s'éloignent de la propriété.

  • Séquence 38 :

    Les pauvres profitent de l'absence des propriétaires pour pénétrer dans la grande maison. L'un des pauvres qui comme il le dit « commande à la place de mademoiselle, prévient les autres : « Bon, on regarde juste mais ne trouchez à rien! »

    A peine partie, Viridiana est loin de se douter que ses protégés transgressent déjà ses recommandations.

  • Séquence 39 :

    Le pauvre lépreux est dehors dans le jardin. Il trouve une colombe blessée. Il la récupère et se fait chasser par les ouvriers de Jorge : « Fiche le camps ou je te casse le cou ». Le lépreux les insulte avant de s'en aller par la prairie : « Salopards ! J'espère vous refilez mon mal ! »

  • Séquence 40 : scène très symbolique

    Quelques pauvres sont dans la maison. Ils découvrent l'intérieur de la villa avec la toile représentant le portrait de Don Jaime, l'oncle de Virirdiana, l'ancien propriétaire de la villa avec une autre toile juste à côté celle de son épouse défunte. Les femmes regardent le vaisselier : « Quel luxe somptueux! ». Elles déplient une nappe sous les yeux du vieux pauvre qui était censé commander et veiller à la bonne conduite du groupe à la place de Viridiana. Celui-ci est en train de fumer la pipe dans le salon et déclare seulement au groupe pour les mettre en garde : « Vous allez l'abîmer ».

    L'ambiance se dégrade rapidement...

    ils mangent tous sur la belle table aux couverts somptueux. Ils boivent du bon vin. Ils s'amusent, bravent les interdits, ne respestent plus rien en l'absence de Viridiana. La soirée tourne mal à cause d'une dispute entre deux femmes dont la pauvre femme enceinte qui lui reproche les pleurs insupportables de son enfant. Elles commencentt à se bagarrer. Les autres les séparent.

    Le vieux pauvre souhaite une photo-souvenir :

    Tout le groupe de mendiants complètement ivres prend la pose en copiant avec exactitude la posture des apôtres et de celle Jésus Christ,( reprise par l'aveugle au centre de la table), dans La Cène, le dernier repas du Christ. Le symbole est fort et souligné par une sorte d' arrêt sur image réalisé par Bunuel. Cette « photo » n'est qu'une blague de mauvais goût lorsque la femme soulève sa jupe pour faire croire que c'est l'appareil.

    Le pauvre lépreux met de la musique celle du début du film : « Alleluya ». Il porte la voile de mariée de la tante de Viridiana, qu'elle a elle-même porté pour faire plaisir à son oncle. Il commence à danser, le corset autour de sa taille. Les autres le rejoignent pour danser avec lui. Dans ce joyeux bordel, un homme et une femme s'apprêtent à coucher ensemble derrière le canapé du salon. L'aveugle apprend par le vieux que sa copine est avec un autre homme mais il fait exprès de ne pas le guider jusqu'à elle. L'aveugle commence à s'énerver ainsi qu'à tout casser sur la table. Réaction des autres : « Il nous a gâché la fête », « Sainte Vierge comment on va faire? »

    Deux femmes s'éclipsent en espérant rejoindre le village afin de se disculper. Mais c'est déjà trop tard...

  • Séquence 41 :

    La voiture de Jorge avec Viridiana, Ramona et sa fille arrive. Ils voient sortir deux pauvres de la maison qui disent à Jorge abasourdi : « Bonne nuit, il est un peu malade ». D'autres ajoutent : « Vous ne deviez pas rentrer demain ? », « Je vois Don Jorge en rêve ». Jorge écoeuré : « Fichez-moi le camp ». Il va constater les dégâts dans la salle à manger sans dessus-dessous. Il éteint la musique et entend du bruit dans la chambre. Il y a un dernier pauvre qui le menace avec un couteau. Il essaye de se défendre avec une chaise mais le lépreux arrive derrière lui pour l'assommer avec une bouteille en verre. Il s'exclame : « Je l'ai eu camarade, je l'ai eu ».

    Virdiana entre dans la chambre :

    « Mon Dieu, qu'avez-vous fait ? » Elle s'approche de Jorge en se baissant. Le pauvre lui dit qu'il ne faut pas pleurer pour ça. Il la tient fermement en disant : « Un de perdu, dix de retrouvés ». Il essaye de l'embrasser. Elle se défend : « Lâchez-moi !» Elle demande l'aide du lépreux : « Jose, empêchez-le ». « N'ayez crainte, nous sommes des gens bien », lui répond le lpreux sournoisement.

  • Séquence 42 :

    La bonne est restée dehors avec sa fille prés de la voiture avec le chauffeur. Elle voit les pauvres en piteux état sortir de la maison. « Allons prévenir le village », suggère Ramona au chauffeur. Elle monte avec sa fille dans la voiture.

  • Séquence 43 :

    le lépreux attache pendant ce temps-là Jorge encore assommé. Derrière on entend l'un des pauvres dire à Viridiana : « Laissez-vous faire. Il faut bien y passer un jour ». Elle essaye de se débattre mais il la jette sur le lit. Quand elle tente de s'enfuir, c'est le lépreux qui l'a rattrape pour la remettre sur le lit. Jorge commence à se réveiller. Il chuchote au lépreux qui espére être le prochain à s'occuper de Viridiana de s'approcher. « Si tu m'aides, tu seras riche », dit Jorge. Le lépreux n'y croit pas mais Jorge insiste en indiquant qu'il y a de l'argent dans la maison. « Si je te trompe, tu me tues », dit Jorge au lépreux pendant que l'on voit Viridiana toujours en train de se débattre avec le pauvre ». Elle tient quelque chose dans les mains. Jorge promet des milliers pesetas au lépreux s'il tue le pauvre qui tente de violer Viridiana. Celui-ci est en train d'embrasser Viridiana qui vient de s'évanouir, (scène analogue à la tentative d'abus sexuel échouée de l'oncle envers sa nièce). Le lépreux convaincu par Jorge saisit une pelle de la cheminée et frappe à la tête, l'agresseur de Viridiana. « Bien fait pour toi, salopard », déclare le lépreux en demandant après à Jorge : « Où est le pèze ? ». Jorge lui montre l'armoire. Le lépreux récupère les billets à l'intérieur.

  • Séquence 44 :

    La bonne revient à la villa avec les policiers. Fondu au noir.

  • Séquence 45 :

    La petite Rita suit les paysans dans les allées de la propriété.

    A l'intérieur de la maison, Jorge demande à Viridiana : « Vous êtes remise de vos émotions ? ». Elle ne répond rien. Jorge guide l'électricien pour les travaux.

  • Séquence 46 :

    Viridiana dans sa chambre a les cheveux détachés. Elle se regarde dans un petit miroir à mains. Elle essuie ses larmes, se touche les cheveux . Contrairement au début du film, elle ne fuit plus le miroir. Elle assume son image et prend conscience de sa féminité en montrant ses cheveux qui ont toujours été dissimulés sous un voile jusqu'à présent. Elle sort de la chambre.

  • Séquence 47 :

    (Sur une musique rock en arrière fond)

    Dehors un domestique fait du feu pour brûler un tas de feuilles. La petite Rita est assise au pied du feu et tient dans ses mains la couronne d'épines de Viridiana. Elle se pique les doigts et jette au feu cette couronne.

  • Séquence 48 :

    A l'intérieur de la maison, Ramona, la mère de Rita, secoue une veste. Elle est dans la chambre de Jorge. Ils écoutent tous les deux la musique au rythme rock américain. (Rupture avec les extraits musicaux classsiques et/ou religieux qui ont servi tout au long du film).

    Jorge et Ramona se montrent tendrement complices.

  • Séquence 49 :

    Retour à l'extérieur près du feu.

    Gros plan sur les flammes et la couronne d'épines qui est sortie du feu par une branche d'arbre saisie par le domestique. A part du brasier, on voit mieux brûler cette couronne.

  • Séquence 50 :

    Retour à nouveau dans la chambre de Jorge avec la bonne. Quelqu'un frappe à la porte. C'est Viridiana. Jorge lui ouvre en la questionnant : « Des ennuis ? Vous voulez me parler. Je peux vous aider ». Mais Viridiana reste muette en le regardant dans les yeux. Jorge l'a fait entrer. Viridiana est étonnée de voir Ramona dans sa chambre avec lui. La bonne s'éloigne un peu. Il semble mal à l'aise. Jorge explique à sa cousine qu'ils jouaient aux cartes. Il propose une partie tous les trois. Il force à moitié Viridiana à s'installer et à couper le jeu en tenant sa main. Quand il distribue les cartes, Jorge explique : « La première fois que je vous ai vue, j'ai pensé que ma cousine Viridiana finirait par jouer aux cartes avec moi ».

    Travelling arrière. La caméra s'éloigne, laissant apercevoir par l'embrasure de la porte, les trois personnages qui jouent aux cartes. Le film s'achève sur la musique rock.

    V Mes questions et mes impressions sur le film :

  • La fin du film laisse place à une ambiguité : en renonçant à son mode de vie religieuse ainsi qu'à la charité chrétienne, quelle était la véritable intention de Viridiana en frappant à la chambre de son cousin ? Comment interpréter la dernière scène qui réunit les trois personnages, Viridiana, Jorge et Ramona ? Quel sens apporté à cette relation à trois et leur cohabitation dans la villa. Ramona regarde Viridiana d'un mauvais oeil, comme si elle était une menace dans son histoire avec Jorge. Viridiana est elle-même surprise de voir la bonne avec son cousin.

  • Les scènes de tentatives de viol de Viridiana dégagent un certain malaise chez le spectateur. Elles constituent des instants de fortes tensions dramatiques. Comment peut-on montrer une agression sexuelle d'une femme dévouée à Dieu, aux autres, qui fait le bien autour d'elle mais qui est malgré tout rattraper par le Mal. Le réalisateur semble vouloir démontrer l'inexistence et l'inutilité de la morale religieuse.

  • Luis Bunuel a recours à des images dotées d'un symbolisme puissant. La propriété de l'oncle est un transfert du couvent dans lequel Viridiana souhaite vivre. D'ailleurs, durant son séjour chez Don Jaime, elle aménage sa chambre de façon à limiter tout confort : elle ne dort pas dans le lit mais par terre sur un tapis avec autour d'elle, les objets religieux qu'elle a ramené du couvent (crucifix, couronne d'épines etc.). L'utilisation du clavecin de l'oncle est un habillage sonore qui rappelle celui de l'orgue des églises et qui contribue à transformer la villa en un nouveau couvent pour Viridiana. Les images porteuses de symboles vont se multiplier tout au long du film de façon crescendo. Notamment quand Viridiana, la future religieuse, va céder un soir à la demande de son oncle de s'habiller avec la tenue de noces de sa femme décédée. Viridiana devient alors une future mariée. Un autre scène clé à la connotation sexuelle marquée est celle où Viridiana essaye de traire une vache à l'invitation du fermier. Un gros plan est réalisé sur une des mamelles qu'elle hésite à presser pour faire sortir le lait. Sa gêne prouve l'analogie qui est faite entre la mamelle de la vache et le sexe masculin. La dernière image-symbole correspond au moment où la fille de la bonne, Rita, jette au feu la couronne d'épines qui appartient à Viridiana. Cette scène illustre la résignation de la jeune femme en ce qui concerne sa foi. Au même moment, elle abandonne sa vie de religieuse et la mantille qui cachait ses cheveux, (signe de feminité), pour entamer sa nouvelle vie de femme.

  • Luis Bunuel signe avec Viridiana un véritable brûlot anti-religion. De manière provocante, le rélaisateur ose parodier une référence biblique en faisant rejouer la Cène, (le dernier repas de Jésus-Christ avec ses disciples avant sa crucifixion), par les mendiants totalement ivres qui font sembler de poser pour une photo qui n'est en réalité qu'une blaque douteuse d'une des femmes pauvres qui soulève sa jupe pour signifier que le petit oiseau va sortir.

    Le film de Luis Bunuel qui marque son retour définitif dans son pays natal après son exil mexicain, aurait pu provoquer une véritable scandale en Espagne. Un pays à forte tradition catholique. Mais ce n'est pas la polémique qui accueillera le film mais plutôt la reconnaissance du monde du cinéma qui lui attribuera la Palme d'or en 1961 au Festival de Cannes.

    VI Pistes bibliographiques

  • Biographies de Luis Bunuel :

    Luis Bunuel. Manuel RODRIGUEZ BLANCO. Bibliothèque Du Film. Octobre 2000. Collection Ciné-regard. ISBN 2912400228

Luis Bunuel. Freddy BUACHE. Lausanne : La Cité. 1970

  • Ouvrages

    En espagnol :

    Viridiana : Luis Bunuel / Estudio Critico. Vicente SANCHEZ-BIOSCA. Barcelona , Buenos Aires, Mexico. Ediciones Paios. 1999

En français :

Viridiana par Luis BUNUEL. Précédé de Bunuel, Viridiana et quelques autres, par Georges

SADOUL. Précisions espagnoles par J.F Aranda. Dossier critique. Paris. InterSpectacles. 1962.

Luis Bunuel. Alain BERGALA. Ed : L'étoile Editions de Cahiers du Cinéma. Février 2008.

Collection Les Grands Cinéastes. ISBN 2866425022

Luis Bunuel, le jeu et la loi. M.C. TARANGER. Presses Universitaires Vincennes. Septembre

1990. Collection Imaginaire Du Texte. ISBN 2903981663

Entretiens avec Luis Bunuel. José DE LA COLLINA et Tomas PEREZ TURRENT. Ed : Cahiers

du Cinéma. Juin 2008. Collection Petite Bibliothèque. ISBN 2866425006

Posté par pannetier à 11:53 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Viridiana : la force symbolique de l'image cinématographique selon Bunuel

    le meilleur c'est la fin

    film qui perturbe nos pensées pour un moment , le mieux c'est de trouver vite quelqu'un à qui en parler pour se soulager
    Merci pour cette fiche de lecture

    Posté par Nina, 17 juillet 2012 à 17:44 | | Répondre
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